Daphne Guinness

De bien des façons, la mondaine Daphne Guinness est un catalyseur de la mode, représentant le sens que prend la mode en dehors des podiums des défilés. Evoluant dans son milieu, son imagination et son goût forment un vaste océan de pièces couture ou dessinées par elle-même, toutes flamboyantes et irremplaçables. De son propre aveu, la mode consiste à exprimer son individualité et combien celle-ci est précieuse.

Née le 9 novembre 1967sous une bonne étoile, Daphné Guinness est l’héritière de la fortune d’Arthur Guinness, et a passé son enfance dans des maisons de campagne idylliques dans la campagne d’Angleterre et d’Irlande. Elle passait les étés en Espagne, se baignant dans la piscine de Salvador Dali – pas exactement la location de vacances standard, mais pour Daphné, la vie était comme ça, tout simplement.

Faisons un bond vers les années 80 et New York aux débuts du Club Kids et des icônes émergentes, quand Daphné s’est trouvée attirée par les lumières de la grande ville dans le sillage de sa soeur qui s’occupaient des relations publiques pour Andy Warhol, qu’elle rencontra. Elle aurait pu devenir une party-girl impénitente mais au lieu de cela, elle opta pour le mariage, épousant à l’âge de 19 ans Spyros Niarchos dont elle eût trois enfants. Le couple divorça en 1999 et soudain le monde découvrit le vrai visage d’une Daphne Guinness libre et sans contraintes.

Lorsqu’elle parle de son mariage dans le magazine Times, elle évoque la “cage à oiseaux”, mais bientôt elle multiplie les apparitions en public avec les designers et les photographes quelle admire, au lieu de les admirer seulement de loin. L’un de ses amis proches fut l’enfant terrible de la mode Alexander McQueen, et ils demeurèrent amis tant que dura sa vie. En relation avec Alexander McQueen figure également une autre de ses amies, Isabella Blow qui s’était suicidée suite à des épisodes dépressifs graves. Elle fit à nouveau la une des journaux lorsque Daphne Guinness empêcha la vente aux enchères de la garde robe d’Isabella. Interrogée là-dessus par la suite, elle expliqua qu’elle souhaitait préserver la mémoire et le génie artistique de son amie dont l’excentricité de style était unique et irremplaçable.

Sa dévotion absolue à l’art constitue seulement une part de ce qui fait le mystère de Daphe Guinness. La fascination qu’elle exerce est renforcée par sa vision de la mode, comme une installation en mouvement perpétuel. Elle parle de ses sentiments lorsqu’elle porte une nouvelle pièce de l’un de ses nombreux amis designer, endossant les sentiments et les émotions qui ont contribué à la façonner, l’appréciant totalement. Ce n’est pas pour la mode commerciale qu’elle se passionne, mais pour la couture, où elle a accumulé et collectionné des milliers de pièces, dont certaines sont exposés dans une galerie du Fashion Institute for Technology.

Son sens de la mode est indéfinissable. A la fois futuriste mais traditionnel par moments, une juxtaposition explorée par les designers mais pourtant qu’elle sait adapter hors les podiums des défilés pour y appliquer son propre sens de la mode. Sa chevelure blonde  avec des mèches noires est tirée en arrière la plupart du temps, exposant son visage anguleux.

Il est difficile de deviner dans quelle tenue elle va apparaître lors d’un événement, cependant ses pièces maîtresses dernièrement sont constituées par des tuniques luxueuses, des pantalons étroits et des chaussures plates, le tout très cintré pour accentuer la minceur de sa silhouette.

C’est ce look qui lui a valu la reconnaissance des designers, à tel point que Karl Lagerfeld chez Chanel ou encore Tom Ford s’inspirent d’elle – Tom Ford lui ayant même demandé de clôturer sa collection de 2011 marquant son comeback. Daphné a également défilé deux fois pour Naomi Campbell lors de défilés humanitaires “Fashion for Relief” (“La mode pour l’aide”), et a fait deux fois la couverture du Vogue italien, photographiée par son ami Steven Klein.

 Proche de l’artiste surréaliste David LaChapelle, elle fut au coeur de l’instant fashion du moment avec la photo d’elle intitulée “Daphne Guinness dans l’Eau” qui fut affichée à New York pour promouvoir une exposition montrant les oeuvres de LaChapelle. Son implication dans le monde de l’art la pousse à utiliser sa propre créativité, se montrant dans les vitrines du grand magasin Barney’s se préparant à aller à un gala au Met, et fabricant ses propres pièces sous forme d’accessoires, de vêtements ou de parfum lorsqu’elle ne trouve pas précisément ce qu’elle recherche.

Son travail créatif l’a conduite à collaborer avec Comme des Garçons sur un parfum en 2009 et a créer sa propre ligne de vêtements pour Dover Street Market en 2007. Dernièrement, elle a crée une ligne de cosmétiques pour MAC, un rôle qu’assument également un certain nombre d’autres icônes contemporaines de la mode.

La quarantaine a présent, Daphné a explosé sur la scène mode comme en témoigne Lady Gaga qui déclare qu’elle est une source d’inspiration pour elle. Tout comme ses tenues et son allure de dandy, elle s’est révélée un ouragan, changeant sans cesse de direction, sans que l’on puisse deviner vers où elle nous mènera encore.

Tobias Orrells

Ecrit par Tobias Orrells

Tobias Orrells graduated from Liverpool John Moores University with a degree in International Journalism, however, steering away from news, has focused his creativity to reporting on the progression of men’s fashion. He is an avid writer and lover of fashion and music and combining the two helps create the icon profiles. Looking after the Catwalk Yourself Icons biographies


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